13 lundi 06

Pense pas trop à moi, ça te rend trop malheureuse, mais surtout ne m'oublie pas ...

 

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Fait meilleur de par chez nous. Oh, je ne parle pas du ciel, toujours plombé et menaçant… Non, un petit air léger et malicieux sautille dans la maison, le vent dans les voiles se chat-marre.

Ce soir, on a mangé tous ensemble, ça s’est goupillé au dernier moment.

Lisbeth rayonne de joie, elle et son petit ventrou commencent  à parler de la date de son arrêt maternité. J’avais dû me mélanger les calculs, ou mal entendre, ou pas suffisamment préter attention aux dates, bon, koikil en soit, la naissance est prévue pour le 8 octobre, on retombe dans la balance, et  à propos de balance, la future maman est magnifique, les joues à peine plus rondes, mais bon, c’est pas dans les joues le plus significatif ! Avec Paul, ils sont gais, heureux, je me souviens vaguement d’un bonheur confus et d’une perpléxité joyeuse.

Anne est en pleine montagnes russes, elle se régale des parenthèses amoureuses en solo, soudain elle est invraisemblablement jalouse des moments où les petits sont avec leur mère, elle te fait un pataquès parce que les momes sont revenus de chez leur mère avec des habits déchirés, là, non, j’y crois pas, ça fait une semaine que la nana est revenue, j’ai envie de la défendre, on s’en fout des habits crottés. Merde, Anne, tu vas pas t’y mettre, et ben non, elle s’y met pas, elle s’excuse, elle regrette, elle ouvre grand les bras et elle s’exclame : « Venez à moi les petits enfants, venez que je vous embrasse, et laissez moi aimer l’homme bon qui est votre père, accessoirement ! »

Quant à Ohlala, elle est survoltée, en pleine période d’exam, elle bosse, elle bosse, et son Julien lui a déjà trouvé une place à l’hopital de Vienne. Il lui met la pression, il lui répète, quand tu viendras à Vienne, elle veut pas savoir, ça lui fait peur, je crois, alors royalement, elle entoure son cou de ses bras et lui cloue le bec d’un baiser. Je revois le gagog’nar qui rigolait en coin en me voyant trépigner en petite culotte, hier, dans une autre vie.

J’ai l’impression d’être tombée dans le terrier d’Alice. Parfois, je ne comprends plus les mots, mon entendement se brouille. Sincèrité m’est inquiétant, espoir m’est troublant, amour m’est grisaillant, je galère à mettre en accord mon hier avec mon demain. Aujourd’hui ne m’est pas linéaire.

La vie change en un clin d’oeil, c’est petit à petit, insidieux, mais soudain, peut-être est-ce l’idée qu’on s’en fait, soudain, un millionième de quart de seconde plus tard, par hasard... par hasard ?... la connexion se fait entre les cellules ou les neurones ou je ne sais koi …  et tout parait bouleversé.